Qui des dieux ou des hommes étaient là en premier ?

Voyageur in American Gods

Poser cette question est un peu comme poser la question de l’oeuf et la poule. De cette question aussi en découle une autre, les Dieux sont ils des concepts philosophiques ou de vrais dieux.

Bien sûr d’un point de vue strictement pratique, chacun est libre de croire en une ou plusieurs divinités comme d’autres en rien et cela en ne se posant aucune question. Peut être parfois un léger doute vient effleurer la surface de cette conviction quelle qu’elle soit. Pour ma part je ne vais pas répondre en polythéiste. Ce n’est pas ma propre théorie que je défends et elle ne serait pas objective. Je vais tâcher d’y répondre de façon objective avec mon côté Dana Scully.

Dana Scully, X-Files

Qu’y avait il finalement au commencement ? Dans ces temps immémoriaux où l’homme n’était qu’un animal parmi les autres? Avant que justement il ne pense qu’il n’en n’est plus un. Était il alors le produit de quelque chose de plus grand ?

On peut supposer que sa conception du divin a cette époque se limitait aux forces de la nature. Le vent, la pluie, l’orage, la mort…. le religieux n’était pas construit et structuré, la société non plus. Il était alors un chasseur-cueilleur. Cependant il avait une conscience différente et la société à ses balbutiements s’est mise à évoluer.

Sont nées les sociétés plus construites dites agro pastorales, souvent associées au nomadisme et semi nomadisme. Il en subsiste aujourd’hui, qui suivent les cycles avec leur troupeaux comme les Sámis et leurs rennes. Avec ces sociétés le religieux devient animiste, on présuppose qu’une énergie anime toutes les choses. L’animisme est en ce sens plus un concept philosophique du monde qu’un fait religieux. Les dieux n’existent pas. Le monde oui. C’est une expérience avec le monde, les forces de la nature, avec les mondes aussi, ceux des esprits a travers les rêves notamment.

C’est ainsi que viennent petit a petit les divinités. L’humain commence à structurer sa pensée religieuse, en vénérant l’environnement: un fleuve, encore aujourd’hui le Gange, chez moi le Rhin était honoré. Des montagnes, des arbres , l’Yggdrasil ou l’Irminsul , des pierres et l’intangible monde des esprits.

Charlemagne détruisant le dernier Irminsul

L’homme se rassure en expliquant son monde avec des concepts non scientifiques. La conscience dévotion/ récompense fait jour. Et bientôt naîtront des panthéons beaucoup plus structurés répondants à des règles concomitantes à l’émergence de classes sacerdotales.

D’une certaine manière c’est l’anthropocentrisme de l’homme qui crée les dieux. Le besoin d’incarner ces forces sous des formes humaines créent les panthéons.

L’evhemerisme sera un des éléments de construction: ici les dieux sont des humains héroïques. L’apothéose chez les grecs, l’histoire des dieux dans les eddas etc… les dieux n’ont pas créé les humains a leur images mais les humains créent les dieux à la leur.

Si l’humain crée les dieux a son images, l’humain existe avant les dieux, mais l’humain comment est il apparu. Le résultat d’une évolution dans un contextes favorable vous dira le scientifique. Le contexte, encore une fois, le contexte a son rôle à jouer.

On peut objectivement penser que les dieux ne sont que des concepts philosophiques et d’une certaines manières rassurants.

On peut aussi se placer du point de vue de l’occultiste hermétique qui y voit des egrégores, personnification de forces, que la pratique religieuse ritualisée nourrit et fait grandir.

L’egregore comme un archétype divin d’une ou plusieurs forces en quelque sorte. Oui alors les divinités sont effectivement un concept philosophique et on peut très bien le voir ainsi. Et on peut vivre une spiritualité épanouie de cette façon. Si l’envie de fêter Ostara vous plait faites le. Dans cette perspective Ostara incarne une idée a laquelle vous avez envie de donner de l’énergie. Certains polythéistes hard core vous diront que ce n’est pas respectueux, pour ma part, au contraire, je pense que ça l’est tout autant que ma propre pratique. Par essence un.e Dieu / déesse qu’il soit concept ou réel aime les hommages.

Alors devenir rigoriste n’a pas vraiment de sens. De même que l’on peut développer une spiritualité hors panthéons, voir créer le sien. Tolkien est un vrai démiurge de ce côté là. C’est le Snorri Sturluson contemporain. Vous pourriez très bien croire que ses histoires sont de nouvelles eddas. Que Sauron a autant d’existence que Loki. Que l’apothéose de Gandalf arrive quand il pas de gris a blanc.

Sir Ian McKellen en Gandalf Le Blanc

Pour conclure je crois que chacun a son concept de la dévotion et de la divinité. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise manière de faire. Vous devez ressentir vos propres élans avec ou sans dieux, avec des dieux dont vous pensez qu’ils ont une existence physique ou que soit pour vous un concept philosophique, des archétypes de pensées.

Je suis toujours très embarrassée par l’extrémisme, et chez les païens il a des traits plus doux qu’en politique. Il s’habille en dévotion bienveillante mais insuffle des idées rigoristes. Je pense qu’elles n’apparaissent pas comme telles a celleux qui les propagent, mais le fait est qu’iels mettent des barrières qui ne devraient pas être. Chacun a le droit de vivre sa spiritualité de la façon dont il veut. Vous allez me dire mais toi, tu juges. Oui je juge mais pas la pratique, non, mais bien la façon de l’amener aux autres. De la divulguer hors d’un cercle de pratiquants. N’oubliez jamais que votre conception n’est ni la plus universelle, ni la plus juste. Vous en êtes fièr,e , vous aimez vos ou votre divinités, c’est très bien. Mais ce n’est une conception parmi d’autres, construite sur vôtre vécu, nourri par votre contexte notamment culturel et social. Et j’insiste là dessus. Ce qui ne vous semble pas bien dans la pratique des autres est peut être tout a fait adapté a l’autre, mais tout simplement pas a vous.

J’aurais pu écrire bien plus. Mais c’est déjà pas mal, et je crois que c’est toujours bien de laisser infuser les choses aussi. Reposer les choses pour y revenir ou éclaircir un point ou un autre. Vouloir être parfait dans une réflexion de la sorte n’existe pas plus que dans la pratique spirituelle. La perfection n’existe nul part. C’est l’imperfection qui fait le monde, et je dirais son intérêt. N’hésitez pas a poser des questions, il n’y a jamais se questions bêtes, toutes sont constructives.

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